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Gilles Marrey - Cobalt

Mai 21 - Juin 28 2008

Gilles Marrey suspend le temps à l’abord des tarmacs en quelque douze toiles exposées à la galerie Jacques Elbaz. De grands formats essentiellement, tous aimantés par le violet de cobalt. Histoire d’une alchimie singulière entre une couleur et un lieu.

Introduit dans une grande toile onirique engagée en 2006 (Madonna, 2006-2007), le violet de cobalt promet très vite d’orienter l’oeuvre à venir et appelle une importante série de paysages urbains.
D’abord utilisé en complémentaire pour mettre en valeur les oranges incandescents des
périphériques et de leurs lumières au sodium, il domine bientôt la toile entière, trouvant rapidement son “thème” : les aéroports.

Ni la disparition du violet de cobalt pendant plusieurs mois sur le marché, ni sa réédition coûteuse – dans de seuls petits tubes de 25ml ! – n’auront raison de ces oeuvres.
Beauté magnétique. Semi-transparent, parfois presque limpide, électrique aussi : le violet de cobalt confond ses propriétés physiques à celles des lieux. Ouvrant sur de longues perspectives, dominée par un ciel dont les jeux de lumières ricochent sur les sols et les surfaces vitrées, chaque toile retient le regard comme elle tend à une surprenante adéquation entre matière picturale et sujet abordé.
Insoupçonnées présences. Dans ces espaces de transit internationaux où se condense et se presse l’époque contemporaine. Dans ces espaces où l’horizon et l’architecture renvoient à un territoire “expatrié” où chacun semble se dématérialiser le temps du voyage. Seul, le regard du peintre s’arrête et contemple. Sous nos yeux, de larges toiles panoptiques saisissent dans une silhouette ou un reflet la trace fugace de notre passage.

Le mouvement perpétuel s’interrompt au profit de l’émotion. La réalité se charge d’un onirisme ouvrant la voix à l’imagination de chacun.
“Gilles Marrey veut donner sa place à un art visant la fragilité de la vision et l’attention du regard”, souligne Yves Michaud, préfaçant l’exposition consacrée à l’artiste par les Musées de Sens, au Palais synodal, en 2006 : “sa recherche est avant tout poétique”…
Elle constitue aussi une interrogation du sens que le flot continu des images et des procédés contemporains tendent à amenuiser.


 
 
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